La Cité Ouvrière de Rosières

Rosières

Entreprise Rosières

La fonderie

Vue aérienne de l’usine

 

 

L’histoire remonte loin… Déjà, entre le 1er au IVème siècle, les Gaulois et les Gallo-Romains exploitaient le minerai de fer de la région.

1102

Rosières s’appelait Rosarie (dérivé du latin qui veut dire « lieu planté de rosiers ») du nom du Seigneur Normannus de Rosarie qui édifia le premier moulin à l’emplacement actuel de l’usine.

43 ans plus tard, 35 moines cisterciens, envoyés de Clairvaux, fondent l’Abbaye de La Prée, à Ségry (Indre). Ils achètent la terre seigneuriale de Rosières, et désireux d’améliorer le moulin existant, creusèrent le canal de dérivation du Cher.

Cette ancienne terre seigneuriale resta en leur possession jusqu’à l’époque de la révolution.

1836

Le Marquis de Boissy acheta Rosières et devint le 1er Maître des forges. Un important programme de réalisations sociales se poursuivit. Il conduisit à proximité du moulin, une forge alimentée par le charbon de bois et le fer des mines, éléments omniprésents sur le site. Deux, puis trois hauts fourneaux seront ajoutés à partir de 1837, ainsi que deux machines à vapeur et les fours à puddler. A son apogée, l’usine possède également une grande forge à six feux d’affinerie avec deux gros marteaux, une petite forge à deux feux, un four à réverbère et des laminoirs.

Poêle à bois en fonte

1850

Les forges et fonderies de Rosières seront reprises par le Marquis de Vogüe, afin d’accroitre la fabrication de rails et de pièces lourdes pour bâtiments et travaux publics.

1861

L’ouverture de la ligne de chemin de fer Bourges-Montluçon favorise la concurrence sur le marché des matières premières et conduit à l’abandon de la fabrication du fer. La forge s’éteint en 1869.  Le site se consacre alors principalement au moulage. Un embranchement ferroviaire dessert l’usine, en partant de la voie Saint-Florent – Montluçon. Il a été créé le 23 août 1869.

1869

C’est la naissance de Rosières, tant au niveau industriel que social, avec Jules Roussel, député, Maître de forges, qui transporte en Berry son personnel de mouleurs d’Orthe en Mayenne, son outillage et ses machines pour la fabrication de poteries et d’appareil de cuisson en fonte. A sa mort en 1877, une société anonyme est créée par ses héritiers, sous l’autorité de Léon Dupuis. L’entreprise se tourne alors vers le système à double fusion, avec l’installation de cubilots et le développement des pièces moulées en fonte, comme les pots, les marmites ou les plaques. A la fin du XIXème siècle, l’usine produit 9000 tonnes de fonte par an. Deux nouveaux types d’appareils sont fabriqués : Les cuisinières en fonte et la buanderie. On pouvait compter environ 600 employés en 1886.

Sous l’autorité de Léon Dupuis, Rosières devient le premier employeur du Cher après les établissements militaires de Bourges. Mais sa conception du social est telle que le préfet de l’époque écrit : “Les gens croupissent dans la misère”.

Les hauts-fourneaux de Rosières seront les derniers à produire des fontes au bois avant de s’éteindre en 1907. La houille va remplacer la fonte au bois. Les conditions de travail sont particulièrement dures. A la chaleur, s’ajoutent, dans la sablerie, lieu de moulage des différentes pièces, les poussières de sable qui ont tôt fait de s’attaquer aux organes respiratoires.

1909

Poêles et cuisinière à bois émaillés

 

 

 

Henri Magdelenat, polytechnicien, donne une nouvelle impulsion à l’entreprise, développant les moyens de production. Il introduit une technique évènementielle : la fabrication des émaux dans des couleurs très modernes, et l’émaillage de la fonte, dont la qualité est rapidement reconnue.

1934

Rosières s’assure pour la France et plusieurs autres pays, la licence exclusive des célèbres cuisinières AGA inventées en Suède par le Docteur Dalen, prix Nobel et non voyant.

Ces cuisinières sont de véritables accumulateurs de chaleur grâce à la conception scientifique de leur combustion continue.

Parallèlement un important programme de réalisations sociales se poursuit et, bien avant 1935, la cité de Rosières compte plus de 500 logements et 1800 habitants.

La devise de l’entreprise était : « Rosières médite le passé, soigne le présent, prépare l’avenir ».

1980

Dans les années 1980, l’entreprise Rosières s’élève au troisième rang français de production d’appareils ménagers.

En 1988, la Société Anonyme des Usines de Rosières est rachetée par le groupe électroménager Candy France, avec un regroupement des activités sur le site de Rosières, qui devient le nouveau siège social en 1989.

En 1988, l’usine avait un effectif de 1300 salariés environ, puis en 2004, 300…

Entrée de l’usine

 

 

 


Rosières, village industriel

Rosières est aussi une cité ouvrière. Le hameau de Rosières va naître en 1836.

Entre 1840 et 1846, des rangs avaient été construits sur le modèle des corons : Le Rang Noir, Le Grand Rang, Le Rang des Roches, Le Rang Mousse et le Rang Rouge. Ces maisons ouvrières sont principalement destinées aux mouleurs, qui constituent alors la moitié de l’effectif ouvrier, dans lesquelles ils sont logés gratuitement. Après 1896, des maisons jumelées, destinées aux familles, sont également édifiées, et il en existe 70 en 1909. Nul ne peut résider dans la cité ouvrière si lui-même ou quelqu’un de la famille ne travaille dans l’usine. Les maisons appartiennent alors à la Société Anonyme métallurgique de Rosières. A partir de la fin des années 1980, elles sont rachetées par des particuliers qui les restaurent et les embellissent.

Un rang abritait une dizaine de familles, et chaque logement occupait 2 pièces.

En 1869 lorsque les ouvriers de Jules Roussel arrivent à Rosières, ils sont logés aux lieux-dits : La Grange Brûlée, Les Loges de la Fontaine, La Maison du Roc et La Loge du Bois.

Jules Roussel avait fait du personnel de ses usines une grande famille qu’il administrait paternellement. On retrouve en lui l’influence des pratiques Saint Simoniennes. Il fût en fait le père de Rosières.

Rosières vivait en quasi-autarcie. Une coopérative, une ferme, une boulangerie, une charcuterie, un hôtel « Bon Accueil » (pour les hommes célibataires) avec 80 chambres, une Ecole de garçons, une Ecole de filles, une Bibliothèque publique, une Compagnie de Sapeurs-Pompiers, une Fanfare de 25 musiciens puis une société Sportive et un cinéma. Le captage d’une source en 1896 permet la distribution d’eau potable par des fontaines publiques.

Le Lavoir

 

L’école de filles

 

 

Cette cité possédait toutes les organisations nécessaires à la vie d’une collectivité, à partir des années 30. Rosières accueillit au début du XXème siècle une importante main-d’œuvre étrangère en majorité d’origine polonaise. Les premiers polonais arrivent dès 1920 et en 1926, il y a 943 polonais et 924 français. En 1933, Rosières comptent 2500 habitants dont la moitié de polonais, ce qui lui vaudra longtemps le nom de « cité polonaise berrichonne ». Les polonais forment une communauté bien intégrée et réussie.

La deuxième vague d’immigration, au lendemain de la seconde guerre mondiale, concerna l’arrivée des italiens, espagnols et portugais puis les maghrébins.

A découvrir sur Rosières :

    • La Cité Ouvrière
    • L’Eglise Saint-Albert
    • Le Musée de la Fonderie

Eglise Saint Albert de Rosières

L’importance que prennent les forges et la fonderie du village de Rosières rend nécessaire l’implantation d’un lieu de culte proche de cette population qui compte 700 ouvriers en 1909, l’église paroissiale de Lunery se trouvant éloignée de 4 kilomètres.

En 1877, une chapelle est aménagée dans une habitation, qui sert également d’école libre pour garçons, mais qui ferme en 1903.

A l’initiative de Mme Marie Dumez, une des propriétaires de l’Usine, fait construire une église de style roman en souvenir de son mari Albert Dumez qui porte d’ailleurs le nom de l’église Saint Albert (Patriarche de Jérusalem). Cette église privée, cédée à la Société métallurgique, n’en est pas moins consacrée à la mémoire de la famille de la donatrice.

La pose de la première pierre a eu lieu le 10 octobre 1909 et la bénédiction de l’église le 13 juin 1911.

Les deux vitraux de la Chapelle Saint Albert représentent Albert Dumez à genoux devant son saint-patron, et Marie Dumez offrant à la Sainte-Vierge l’église de Rosières. Un presbytère y est adjoint, et le nouvelle paroisse de Rosières est créée le 28 septembre 1911. L’édifice est consacré le 15 mai 1927. Le curé Henri Marquet est prête de la paroisse jusqu’en 1958.

 

En 2003, la SA Candy France a cédé gracieusement à la commune de Lunery l’église Saint Albert de Rosières, une opération qui s’est avérée nécessaire pour la sauvegarde d’un patrimoine en péril.

 

 

Cité paroissiale

Après la construction de l’église de Rosières en 1911 et d’un presbytère, Mme Marie Dumez fait ériger une cité paroissiale privée dont peuvent bénéficier les ouvriers et employés des usines de Rosières, qui comprend un dispensaire doté de deux infirmeries, une garderie pour les enfants, une salle paroissiale et un ouvroir (atelier de couture) destiné à fournir du travail aux jeunes filles et aux dames. L’établissement était géré par des religieuses (1911-1977).

Tous ces bâtiments qui étaient à l’abandon durant de nombreuses années ont été vendus à une société civile immobilière en 2007 pour devenir aujourd’hui un Eco-lieu.

Hôtel Bon Accueil

Situé rue de l’église, propriété des Usines de Rosières, ce bâtiment était destiné à accueillir les ouvriers célibataires qui venaient d’arriver. Construit en 1924, il a été abattu vers 2011.